mercredi 15 août 2012

Limitation des niches sociales patronales sur l’épargne salariale

Un post de décembre 2011 sur ce blog

L’objectif est de limiter les avantages sociaux dont bénéficie l’épargne salariale
afin d’éviter la substitution de cette forme de rémunération non soumise à cotisations sociales, aux hausses de salaires directs qui, elles, contribuent au financement de la protection sociale.

Parmi les dispositifs d’exonérations de cotisations sociales, une part  très importante concerne  les sommes versées par l'entreprise au titre de :
- l'intéressement
- la participation aux bénéfices
- l’ abondement de l'employeur aux plans d'épargne salariale 
  (PEE, PEI et PERCO).

Sur les recommandations de la Cour des Comptes la loi de financement de la sécurité sociale LFSS  2009 a instauré une contribution, dite «forfait social». à la charge de l'employeur
De 2% pour 2009 , le taux a évolué : 4% en 2010,  6% en 2011. et,
pour 2012:  8% 

La Loi de finances rectificative 2012 prévoit le relèvement du taux du « forfait social »   de 8 % à 20%  rapprochant le niveau de prélèvements sur ces rémunérations du niveau de cotisations patronales sur les salaires, 
Cette mesure rapportera 550 millions d’euros en 2012 et 2,3 milliards d’euros en 2013 
qui contribueront au financement de notre système de retraites.

Elle permettra également de rétablir une plus grande équité entre les salariés dès lors que les avantages liés à l’épargne salariale demeurent très concentrés :

- dans les grandes entreprises
- dans des entreprises où les salaires sont élevés. Ces dispositifs bénéficient en effet davantage aux cadres.


 

samedi 11 août 2012

Supprimer des niches sociales et des dépenses fiscales


Le très important gisement de réduction du déficit public ou social de ces dispositifs est difficilement  contestable. Toutefois, il est plus facile d’inventer une nouvelle  niche que de modifier celles qui ont résisté à l’épreuve du temps bien que les justifications initiales de leur impact ne soient plus de mise ,  

Le débat – pour ne pas dire la polémique – s’engage lorsqu’il s’agit de légiférer sur  la remise en cause  «  d’avantages acquis » au bénéfice de certaines catégories de ménages ou d’entreprises. Dans le premier cas , on va  mécontenter des électeurs. Dans le second, la réaction des corporatismes conduira  à s’interroger sur la pertinence économique et sociale des mesures envisagées ou décidées.
Un certain nombre de ces mesures ont des conséquences plus ou moins liées et sur les entreprises et sur les ménages. Le législateur est censé se référer à « l’intérêt général »… selon l’idée qu’il s’en fait.

Deux exemples tirés du Projet ( voté fin juillet) de Loi de Finances Rectificative pour 2012 sur plus de 500 dépenses fiscales et niches sociales recensées:  

1 Supprimer l’exonération de cotisations sociales  sur les heures supplémentaires
 
Ces exonérations de cotisations  sont compensées par l’Etat aux organismes de Sécurité Sociale. La mesure aboutit donc  à réduire le  déficit des finances publiques ( 980 millions d’euros de recettes supplémentaires en 2012 et  3 milliards d’euros à compter de 2013).
La réduction de cotisations sociales salariales est ainsi supprimée  diminuant, pour les ménages, l’intérêt de « travailler plus pour gagner plus »
Pour l’entreprise  c’est une moindre flexibilité  qui lui éviterait d’embaucher…
Pour les TPE ( moins de 20 salariés) , le maintien de la déduction de cotisations patronales   représente un coût de 450 millions d’euros pour  les finances publiques

2 Supprimer l’exonération  des prélèvements sociaux sur  les revenus tirés de biens immobiliers (loyers ou plus-values) par des personnes, françaises ou étrangères, qui ne sont pas résidentes fiscales en France (environ 60 000 ménages)
• des investisseurs étrangers sans lien particulier avec la France,
• des expatriés   ayant conservé leurs biens immobiliers en France,
• des frontaliers , travaillant en France, affiliés à la sécurité sociale française et disposant   d’un bien  en France
 Le rendement en année pleine (2013 ) est estimé  à 250 millions d’euros. 


L’impact sur les dépenses publiques ou sociales est très différent selon le dispositif.
Un objectif de simplification administrative doit cependant conduire à supprimer des niches à faible coût d’autant qu’elles concernent un nombre restreint de ménages et ne répond pas à une exigence de solidarité.
 

samedi 14 juillet 2012

Et si on reparlait des « heures sup » ?


Voir aussi le message d’octobre 2011

Ce dispositif  a été instauré en 2007 , dans le cadre de la loi TEPA « travailler plus pour gagner plus ». Il consiste en une diminution d’impôts pour les salariés et une diminution des cotisations sociales  pour les employeurs et les salariés.

En 2012, le gouvernement FILLON a « raboté » la diminution des cotisations pour les entreprises. Le gouvernement AYRAULT  annonce la suppression pure et simple du dispositif sauf pour les entreprises de moins de 20 salariés.

Les réductions de cotisations sont compensées par l’Etat aux organismes de Sécurité Sociale. Elles participent donc  au déficit des finances publiques pour un montant de l’ordre de 3 milliards d’euros , soit, avec les réductions d’impôts, un total  d’environ   4,5 milliards d’euros pour 2010

Le nombre d’heures supplémentaires en 2010 est de l’ordre de 700 millions, soit un équivalent temps plein d’environ 400 000 emplois . Ceci ne veut évidemment pas dire qu’ en période d’incertitude et de perspectives économiques défavorables, ces emplois seraient créés suite à la suppression du dispositif.

Environ 2, 5 millions de salariés bénéficiaires ont un gain moyen annuel de 430 €/an.
Ce gain moyen cache une forte inégalité selon le niveau de vie (revenu disponible rapporté au nombre d’unités de consommation dans le ménage).Il passe de 165 €
pour les 10% de moindre niveau de vie à 1055 € pour les 10% de niveau de vie le plus élevé.  Nota : la PPE , prime pour l’emploi qui est un autre dispositif axé sur le soutien au pouvoir d’achat des actifs corrige au moins partiellement cette inégalité, compte tenu de ses modalités d’attribution.

L’entreprise gagne en flexibilité et en réduction du coût du travail . En outre, elle n’a pas à investir en formation de nouveaux salariés.

Affaire à suivre pour comprendre les arbitrages du changement :
-         réduction des dépenses publiques
-         compétitivité des entreprises
-         les inégalités entre les salariés (disposant d’un emploi) résultant des « dépenses fiscales » et des « niches sociales »

mardi 29 mai 2012

Le changement..vers quel "modèle social" ?


Le changement…vers quel « modèle social » ?

L’élection à la Présidence de la République a fourni l’occasion de multiples 
prises de positions à de nombreux organismes de la « société civile ».
Il n’était guère raisonnable, pour un citoyen « lambda », de prétendre 
faire entendre sa voix dans une telle symphonie. 
D’où la mise en veilleuse de ce blog.

Pour financer la protection sociale : plus de 600 milliards d’euros par an 
de ressources collectives, va s’ouvrir une nouvelle phase dans le débat public.

C’est donc pour chaque citoyen l’opportunité de s’exprimer sur les multiples enjeux 
économiques et sociaux et les choix politiques à venir qui concernent le 
« modèle social français »

Au travail !

mardi 31 janvier 2012

« Rencontres T V A »… dans les niches fiscales (dites « dépenses fiscales » )

Dans le rapport de juin 2011 du « Comité d’évaluation des dépenses fiscales
et des niches sociales », rapport qui fait autorité,  39 dépenses ( niches)  
fiscales sont recensées.  (cf. message plus haut , "Suspense pour la T V A" ). 
La perte de ressources pour les finances publiques est très inégale selon les niches.
La Loi de Finances 2012 prévoit une recette nette de TVA de 137 Mds€

En référence aux barèmes réglementaires  alors en vigueur, le montant total 
de ces dérogations ( non comprise la réduction de la T V A sur la restauration) 
ampute les ressources publiques d’environ 13,8 milliards d’euros. 
Le passage décidé de 5,5 % à 7% de la T V A « réduite »  réduit cette perte 
de ressources  publiques de 1,6 milliard d’euros (calcul théorique)


Le passage  de la T V A de 19,6 à 21,2   évalué, en année pleine,à un peu plus 
de 10 Mds €,  consisterait donc à compenser la perte résultant des niches
fiscales sur la TVA.

En outre, le matraquage médiatique sur la T V A sociale oublie de rappeler 
que la T V A rentre dans les recettes de l’Etat alors que la réduction 
des cotisations sociales  vient amputer les recettes de la protection sociale.

Questions aux députés et sénateurs qui s’apprêtent à voter la 
« T V A sociale », pardon, la « T V A pour l’emploi » dans une précipitation
législative à laquelle leur niveau de compétence fiscale ne les a 
peut-être pas préparés…

N’est-ce pas l’occasion d’un nettoyage simplificateur de la liste des niches TVA?
Un objectif de réduction de 50 %, sans mettre le feu à la campagne présidentielle, 
n’est pas hors de portée ?

Mais surtout, dans le labyrinthe des régimes de protection sociale et des risques
couverts (Maladie, Vieillesse , AT-MP, Famille ) quelles modifications 
des ressources sont envisagées et quel est leur signification politique, 
même si les montants restent homéopathiques.
Le montant annuel approximatif des cotisations sociales est de 400 Mds€ 
dont 55% sont à la charge des employeurs de salariés ( hors fonction publique 
et certains régimes spéciaux)





mercredi 4 janvier 2012

La T.V.A…. vous la préférez sociale ?

Les trois coups ont retenti, le décor est en place et le serpent de mer 
peut jaillir des flots : il connaît le circuit, les rôles sont parfaitement distribués.
Les perroquets des grandes lucarnes frémissent d’aise : ce thème  va 
compenser l’usure du feuilleton Qatar / PSG. Un début d’année prometteur

Les producteurs du spectacle hésitent encore sur le titr : en2007, 
cette idée géniale aurait coûté à la majorité présidentielle 
quelques dizaines de sièges à l’Assemblée Nationale. 
Les électeurs ont la mémoire courte mais, par prudence , il faudra plutôt titrer 
«  La T.V.A. antidélocalisation » , c’est plus facile à vendre. 


Pour faire « branché » dans  les dîners en ville , ou en campagne , 
voici donc les éléments de langage.
La France n’est pas compétitive ; 
vous devriez avoir honte et prendre exemple sur ces bons élèves allemands.
Il faut donc, sans attendre mai 2012, réduire le coût du travail qui supporte 
un taux exorbitant  de cotisations assises sur les salaires. 
On ne peut continuer à creuser le "trou de la Sécu" , malade d’un déficit abyssal. 
Sans parler du « cancer » de l’assistanat et des fraudes (de qui ?) 
aux prélèvements sociaux.

Comment voulez-vous que nos « entreprises » soient compétitives ? 
On se demande même comment il  en reste encore !

Alors , on fait quoi ? interrogent les convives impressionnés par la logique
du raisonnement.
C’est la que se produit le miracle : « La T.V.A. sociale ».
Vous supprimez les cotisations sociales, patronales pour commencer, 
ou ce qu’il en reste, en effet :
« Depuis 20 ans, au niveau du SMIC, les cotisations patronales 
de Sécurité sociale sont passées de 33 % à 4,38 % du salaire brut. 
Cette baisse est principalement imputable aux mesures d’allègements 
de cotisations patronales sur les bas salaires depuis le milieu des années 90. 
Les allégements généraux de cotisations sociales  plus des exonérations 
ciblées pour le développement de l’emploi avec les résultats que l’on sait   
 représentaient  environ 30 milliards d’euros  en 2009 »

 
A moins de donner rapidement le coup de grâce à la Sécu,
il faut trouver des compensations et prendre l’argent là où il est.
C’est à ce moment là que les neurones du gouvernement,
de la majorité et des oppositions se mettent à chauffer.
Le spectacle peut commencer:derrière la bataille électorale
de chiffonniers se cache un défi pour notre « modèle social »

Quel niveau et quelles modalités de financement solidaire est,
non seulement compatible mais facteur de progrès pour notre
« modèle » économique et donc pour une offre d’emplois qualifiés
et pérennes pour les jeunes… et les moins jeunes.

vendredi 23 décembre 2011

Les chiffres clés de la L F S S 2012 sont arrivés.


Ce n’est qu’une mise en bouche, avant la grande fresque à venir 
sur le match "compétitivité contre protection sociale".
Ces chiffres ne concernent, rappelons-le, que  la part financée 
par les régimes obligatoires de base de la Sécurité Sociale ,
c’est à dire seulement les 2 tiers environ du coût de l’ensemble 
des prestations sociales annuelles.
Ils reposent sur des hypothèses de P I B sans doute déjà obsolètes
( en cumul, de 2012 à 2015 incluse 7%).mais la nature et l’ordre 
de grandeur des « efforts » déployés pour « boucher le trou de la Sécu » 
constituent  un éclairage intéressant.

Des mesures d’économies sur les dépenses 2012  pour un total
de 3 540 millions d’euros dont : 
biologie et radiologie : 260, médicaments et dispositifs médicaux : 1 060 ,
hôpitaux :  415,  maîtrise médicalisée : 550 indemnités journalières 
maladies : 150, prestations familiales et logement 571
accélération réforme des retraites  86 et autres mesures diverses : 448

Les  nouvelles recettes 2012  résultent, pour une bonne part,
d’un coup de rabot sur des dépenses fiscales et des niches sociales
(cf. messages plus anciens)  pour un montant de 5 743 millions d’euros

En résumé, un objectif de réduction de 9283 millions d’euros sur un déficit
 « tendanciel »   ramené,  après ces mesures,  à 15,6 Md€.

Donc , pour 2012 :
dépenses totales consolidées des régimes de base  455,8 Md€ 
recettes totales consolidées des régimes de base 440,2 Md€

 


 
 

vendredi 16 décembre 2011

Conseil aux lecteurs de « Le Monde »

Article du jeudi 15 décembre 2011 signé de Jean- Baptiste Chastand
« Financer la protection sociale, casse- tête de 2012 »
Le schéma « Comment fonctionne le financement de la protection sociale ».   
met clairement en lumière le flux  des recettes aux dépenses et, 
bien entendu, le « déficit ».Il  présente le montant des dépenses : 
422, 5 milliards d’euros ( avec un déficit de 25,5 milliards d’euros).
chiffres identiques ou très voisins de ceux  de la Loi de Finances 
de la Sécurité Sociale 2010.

Nous suggérons aux lecteurs  de consulter  les travaux de la D  R E E S :
(Direction des recherches, des études , de l’évaluation et des statistiques) 
du Ministère du Travail , de l’Emploi de la Santé. 
Pour 2009 , le montant global des dépenses de protection sociale 
est de  606 milliards d’euros, soit prés de 200 milliards d’euros de plus.

Où est le bug ?   
Comme nous avons eu l’occasion de l’écrire très récemment sur ce blog 
« En chiffres arrondis, le montant global des prestations  sociales 
est  de  600 Mds €   Sur ce montant, les 3 quarts, environ  450 Mds € sont 
gérés dans le cadre des régimes obligatoires de base de la Sécurité sociale 
et font l’objet du PFLSS Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale. »

L’article de « le Monde » ne prend donc en compte que la LFSS ( 2010),
avec, en sous-titre :« A droite comme à gauche, les candidats
à la présidentielle cherchent à concilier compétitivité et modèle social ».

Espérons que les candidats ne se tromperont pas  de dossier ! 
La main sur le coeur, les arrières pensées transparaissent :: 
comment serrer la vis aux ressources de la protection sociale 
et , pour les plus audacieux , comment remettre en question  la 
protection solidaire qui signe  notre « modèle social » ? .

La compétitivité … de quoi ? de qui ? aura bon dos !.




mardi 6 décembre 2011

Le « forfait social » , correctif de niches sociales

Sur les recommandations de la Cour des Comptes, afin d’éviter une érosion 
de l’assiette des prélèvements  relatifs aux revenus « accessoires » 
d’activité, la loi de financement de la sécurité sociale LFSS  2009 
a instauré une contribution, dite «forfait social». à la charge de l'employeur
Elle s’applique à des éléments de rémunération exonérés de cotisations  
de sécurité sociale mais qui restent  assujettis à la CSG et CRDS.
De 2% pour 2009 , le taux a évolué : 4% en 2010, 6% en 2011. et,
pour 2012:  8% 

Parmi les dispositifs d’exonérations de cotisations sociales, une part 
très importante concerne  les sommes versées par l'entreprise au titre de :
- l'intéressement
- la participation aux bénéfices
- l’ abondement de l'employeur aux plans d'épargne salariale 
  (PEE, PEI et PERCO).

Les rapports déjà cités de l’I G F Inspection Générale des Finances ( juin 2011 )
évaluent à 16,3 milliards € (PFLSS 2011). le montant total  (assiettes) 
de ces dispositifs  
La perte de ressources ( cotisations) pour la Sécurité Sociale est évaluée
à 2,7 milliards d’euros (avec un forfait social à 6%.)

D’autres exonérations sur des sommes versées par l’entreprise sont soumises
au forfait social. Pour 2012, les recettes supplémentaires pour la Sécurité
Sociale , suite à l’augmentation de 2% du forfait sont estimées à 410 millions €

Chacun des trois dispositifs cités plus haut concerne de 4 à 5,5 millions 
de bénéficiaires , avec une forte inégalité entre les salariés des entreprises
de plus de 500 salariés  et ceux des entreprises de moins de 50 salariés.


mercredi 30 novembre 2011

PFLSS 2012 , bientôt l’arrivée du marathon

La cure d’austérité sur les ressources du financement de la protection 
sociale et le passage de la majorité du Sénat à l’opposition ont animé 
depuis plusieurs mois (coup d’envoi de monsieur FILLON du 24 août 2011), 
le manège à trois  Gouvernement, Assemblée Nationale, Sénat. 
Tout ce que la France compte d’organismes représentatifs de groupes 
socio- professionnels s’est impliqué, parfois avec véhémence, 
dans ce débat public largement  distribué dans les « grandes lucarnes » ,
la presse écrite généraliste et des médias spécialisés de la protection sociale.

En fin de compte, cette procédure législative  habituellement  réservée
aux initiés  se révèle fin 2011 un exercice utile  à la démocratie
en interpellant les citoyens à quelques mois d’une élection présidentielle.
 On approche de la conclusion législative, sous réserve des « surprises » 
que pourraient entraîner la nécessité d’un nouveau tour de vis budgétaire.

Rappel de quelques repères pour pister les milliards qui traversent les 
plateaux télé par dizaines, voire centaines et qui rendent quelque peu
mesquines les batailles de chiffonniers pour quelque dizaines
ou centaines de millions d’euros

En chiffres arrondis, le montant global des prestations  sociales 
est  de  600 Mds €   Sur ce montant, les 3 quarts, environ  450 Mds € sont 
gérés dans le cadre des régimes obligatoires de base de la Sécurité sociale 
et font l’objet du PFLSS Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale.

Dans le cadre du PFLSS, le Parlement est amené à légiférer sur l’ONDAM
(Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie ) fixé à 171,8 milliards €
pour 2012 ) Ce PFLSS est  voté  selon 4 Branches : Santé --  A T / MP    
(Accidents du Travail – Maladies Professionnelles)  --  Vieillesse  --  Famille.
Toutes concernées par l’ONDAM, chacune de ces Branches comporte 
des choix  spécifiques concernant les ressources ( cotisations, taxes …) 
et les prestations ( remboursements, revenus de remplacement…)

Enfin , environ 150 milliards € ne relèvent pas du PFLSS : régimes autres que
les régimes de base de la Sécurité Sociale ( les 3 fonctions publiques par exemple), 
régimes complémentaires (mutuelles , assurances..) et  interventions publiques 
de protection sociale décidées dans le cadre de la  Loi de Finances annuelle..
 

Cette dernière remarque explique l’acuité de certains débats qui portent
sur les inégalités de contributions et de prestations , selon une grande
diversité de statuts professionnels et de groupes socio- économiques.

Derrière des éléments très techniques, se profile  la question de 
la pérennité d’un « système » de protection sociale solidaire.

Le rideau s’ouvre…


lundi 14 novembre 2011

Générosité….aux frais de l’Etat ?

Depuis l’ouverture de la chasse aux « dépenses fiscales DF» 
( pertes de recettes fiscales) et aux « niches sociales NS »
( pertes de recettes de protection sociale), Il ne se passe pas 
de semaine sans que le grand public ne soit témoin d’innovations 
fiscalo - sociales que l’austérité fait émerger des hermétiques PLF
(Projet de loi de finances) ou PLFSS (Projet de loi de financement
de la Sécurité Sociale).
L’idée de réduire le taux des abattements sur les dons a immédiatement 
fait grimper aux arbres les bonnes âmes  sur tout l’échiquier politique.


De quoi s’agit-t-il ? (repères 2008 à 2010)
De dons pour aider au financement d’associations d’intérêt général
Il existe des conditions d’éligibilité qui précisent  cette notion 
« d’organisme d’intérêt général ». pour chacune des  réductions


La DF N° 110 201  permet,  depuis 1987, une réduction d’impôt  sur le revenu ; 
elle concerne 5 300 000  ménages .pour un total de dons de1,7 milliard € ,
dont 380 M€  sont alloués à des organismes d’aides aux personnes 
en difficultés et 1,350 milliard € de dons aux œuvres.
La perte de recettes publiques se monte à 1 milliard € 

La DF N° 210 309  permet une réduction d’impôt (IR ou IS) ; elle
concerne 19100 entreprises pour un montant d’environ 550 millions €
qui ne représente qu’un quart du « mécénat d’entreprise ».
La perte de recettes publiques se monte à  400 millions € .


La DF N° 400 203 permet une réduction d’ ISF . cette réduction 
concerne environ 30 000 ménages.
La perte de recettes publiques se monte à 70 millions € 

Au total, la réduction de recettes pour les finances publiques 
s’élève à  1,5 milliard €
 
Cet état des lieux très résumé permettra de situer les positions des différents
acteurs dans le débat législatif sur l’évolution de ces mesures dans le PLF 2012. 



 

mercredi 9 novembre 2011

Autopsie d’une « dépense fiscale » : la TVA à 5,5%

La mesure N° 730213 «  Taux réduit de TVA pour les dépenses
d’entretien du logement » figure dans le Projet de Loi de Finances 2012 
comme « dépense fiscale » ( = perte de recettes  )   évaluée à  5 milliards €  .
Pour cette mesure N° 730213, le passage  à  7% de la TVA de 5,5%  
améliorera (en prévision) les recettes publiques annuelles de  530 millions  €.

Bien entendu « toutes choses égales par ailleurs »
C’est bien toute la question de savoir en quoi cette augmentation de taux 
qui apparaît modeste -et acceptable dans une période de « rigueur » ou
"d’austérité » (selon les goûts)- atteindra ses objectifs financiers.

Les réactions des acteurs concernés et des organismes qui les 
représentent sont abondamment commentées dans la presse. 
Elles évoquent d’éventuelles modifications de comportement 
qui mettent justement en question le « toutes choses égales par ailleurs » 

Il est à cet égard intéressant de relire les 36 pages de la note du 
Comité d’évaluation (cf. message plus haut) relative à cette mesure,
dont il n’est pas inutile de rappeler qu’elle remonte à 1999.
( Exécutif de cohabitation).
  
 
De façon certes très réductrice , les impacts principaux d’une 
réduction du taux de T V A concernent :
-       la diminution de coûts des travaux réalisés pour les ménages soit,
      en moyenne, 800 € par ménage sur 4 concernés chaque année
-       l’amélioration de l’activité des entreprises soit environ 300 000 
-     la diminution de l’activité « souterraine »
 
 Ce taux réduit de T V A est source de création ou de maintien d’emplois , 
surtout pour des métiers à forte densité de main-d’œuvre et peu (ou pas)
soumis à la concurrence internationale.
Le comité a fait une estimation de 32 000 emplois créés, inférieure à 
des estimations antérieures 40 000 ( rapport France 2002) et 50000 
( CAPEB 2006.


Quelles conséquences prévisibles à court et moyen terme sur l’économie
du passage de la TVA de 5,5 % à 7% sur les dépenses d’entretien du logement ?

vendredi 4 novembre 2011

Le « nouveau » Sénat s’invite au PFLSS 2012


En date du 22 septembre, le dossier de presse de présentation 
du gouvernement ouvre le bal ainsi:
« Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 
pour 2012 s’inscrit dans la stratégie de réduction du déficit public 
à 4,5% en 2012, 3% en 2013 et 2% en 2014. Il traduit la volonté 
du Gouvernement d’assurer une stricte maîtrise des dépenses sociales 
et d’affecter aux régimes sociaux une part importante des nouvelles 
recettes annoncées par le Premier Ministre le 24 août 2011. »

Enjeux globaux de dépenses du projet de loi pour l’ensemble des régimes 
obligatoires de base de sécurité sociale (en milliards d’euros) : 457,1 , dont :
Maladie   186,8    Vieillesse   210,5     Famille   57,1 
Accidents du travail et maladies professionnelles 13,3 

L’ensemble des dépenses de protection sociale ( y compris celles 
qui ne s’insèrent pas dans le financement des régimes obligatoires) est d’environ 
600 milliards d’euros  soit un peu moins de 30% du (fameux) P.I.B.

Compte tenu de la course poursuite entre les révisions à la baisse 
du taux de croissance et   l’exigence de réduction des déficits , 
la « navette » PFLSS 2012 s’annonce comme une mise en appétit des débats 
électoraux dsur le thème de la PROTECTION SOCIALE

En avant première , le rapporteur général de la commission des finances
du Sénat Nicole Bricq (PS) a appelé jeudi le gouvernement à supprimer
le taux de TVA réduit dont bénéficie le secteur de la restauration….. 

Sans attendre les syndicats de restaurateurs sont montés au créneau.

Une cinquantaine d’amendements seraient déposés par le Sénat.
A suivre



vendredi 28 octobre 2011

Suspense pour la T V A


Définition INSEE  La TVA est un impôt sur les produits collectée par les entreprises et intégralement supporté par l’acheteur final en dernier ressort.Au 1/05/2011 le taux standard est fixé à 19,6 % et le taux réduit à 5,5 % (pour les produits alimentaires notamment)

Le PLF  Projet de Loi de Financement 2012 retient une recette nette de TVA de  137 Mds€.Le Rapport du Comité d’Evaluation des Dépenses Fiscales et des Niches Sociales présente (Annexe IV)    39 dérogations  de diverses natures représentant au total  un « manque à percevoir pour les finances publiques » de l’ordre de 10 % de ce montant.

13 dérogations sur 39 sont d’un montant inférieur à 10 millions d’euros .    
4 dérogations, d’un montant total d’environ 1, 3 milliards d’euros concernent les départements d’outre –mer ; leur analyse n’a de sens que dans l’ensemble des spécificités de la fiscalité outre- mer, laquelle fait l’objet d’un rapport spécialisé du Comité d’Evaluation 
10 dérogations ,d’un montant total d’environ 4, 4 milliards d’euros concernent des équipements ou prestations destinés , directement ou par le biais d’organismes agréées, à des populations « vulnérables » : handicapés, exclus…
10 dérogations ,d’un montant total inférieur à 1,8 milliard d’euros concernent une diversité de situations bénéficiant à des professions : presse , communication…, spectacles, voierie,  engrais, HLM, associations intermédiaires  et …Corse

1 taux réduit de 2,10%,  applicable aux médicaments remboursables ou soumis à autorisation temporaire d’utilisation et aux produits sanguins pour un coût de 1,2 milliard € 

1 taux réduit de 5.5 % pour  « les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien portant sur des logements achevés depuis plus de deux ans » Ce dernier dispositif dont le coût est  légèrement supérieur à 5 milliards d’euros représente, à lui seul, plus du tiers du montant total exposé ici.

Il constituera à coup sûr un des terrains  privilégiés du débat qui va s’ouvrir sur la T V A 2012

NOTA L’application du taux de 5.5% applicable aux ventes à consommer sur place, à l’exception des ventes de boissons alcoolique ne fait pas partie de cette liste ; son coût est estimé à 3 milliards d’euros.


vendredi 21 octobre 2011

ET , un hybride fiscalo-social sur les Heures Supplémentaires.


Exonérations fiscales et sociales des heures (jours) supplémentaires ou complémentaires

Estimation* pour 2010  (hors Fonction Publique d’Etat) 

Les dépenses « fiscalo -sociales » relatives à ce dispositif sont 

d’environ* 4,5 Milliards d’euros dont
-         diminution d’impôts sur le revenu :
o       9 millions de bénéficiaires pour     1,4 Milliard €
-          
-         diminution des cotisations sociales de          3,1 Milliards €
·      pour les employeurs    0,8
·      pour les salariés           2,3
Dans le Rapport du Comité d’Evaluation des Dépenses Fiscales 
et des Niches Sociales, un document ( réf DF 120 136  et NS 2 ) 
de près de 100 pages est exclusivement consacré à ce dispositif de la loi TEPA.

Impact du dispositif sur le pouvoir d’achat des salariés bénéficiaires ?
Plus d’un quart des ménages concernés soit environ 2, 5 millions 
ont un gain moyen de 430 € par an dont 70% correspondent 
à la réduction de cotisations sociales.

Quel impact  du dispositif  sur l’activité économique générale et l’emploi?
Il ne semble pas que le dispositif examiné ici modifie de façon notable  
la capacité de réponse des entreprises à une demande accrue de production
(l’entreprise dispose de solutions complémentaires : interim, CDD, temps partiel ) 

Maintenir ou supprimer ce dispositif ?  Un choix politique…. et électoral !:
- permettre à plusieurs millions de ménage d’actifs de
               « travailler plus pour gagner plus »
- réduire les déficits publics
- contribuer au maintien de la solidarité en matière de  Protection Sociale  




mardi 18 octobre 2011

Niches sociales : glossaire IGF suite

Les niches sociales portant sur les revenus d'activité,
dont la plus grande part correspond aux rémunérations versées 
par les employeurs du secteur privé comprennet:

- des exonérations de cotisations de sécurité sociale
( le plus souvent patronales);il s'agit pour l'essentiel de mesures
destinées à réduire le coût du travail non qualifié soit sous forme 
d'exonérations ciblées soit sous forme d'allégements généraux
et ce ... depuis 1995

-des exemptions d'assiette qui font exception au principe du code
de la sécurité sociale et ont donc une portée beaucoup plus large
sur d'autres cotisations ou contributions...de la protection sociale

D'autres types de dérogations concernent une variété de dispositfs
qui doivent être examinés individuellement pour en évavluer 
l'importance financière, la porté en bénéficiaires, la justification
économique et/ou sociale, etc...

lundi 17 octobre 2011

Dépenses fiscales : le glossaire de l'Inspection générale des Finances

Les exonérations  permettent de soustraire à l'assiette fiscale 
l'intégralité des revenus ou du patrimoine qui devrait être taxée...

les abattements permettent de soustraire à l'assiette fiscale 
une partie de ces revenus ou du patrimoine


les déductions sont conditionnelles à certaines dépenses engagées
et viennent se soustraire dans le calcul de l'assiette


les réductions de taux modifient le barême d'imposition
(ex: taux réduits de TVA ou d'Impôts sur le revenu)


les réductions d'impôts/crédits d'impôts  , qui n'interviennent 
qu'une fois le montant de l'impôt déterminé

Il existe aussi des M C I , modalités particulières de calcul de l'impôt
qui constituent des régimes d'imposition spécifiques à certaines
catégories de contribuables


Pour un simplification de la fiscalité ?

lundi 26 septembre 2011

Un livre de chevet pour "dépenses "fiscales et "niches" sociales

Un Comité d'évaluation de l'ensemble des "dépenses" fiscales et 
"niches" sociales a remis son rapport au gouvernement le 20 juin 2011. 
Ce rapport est accessible notamment sur le site de la Sécurité Sociale.

L'exercice d'évaluation a porté sur 538 mesures dérogatoires 
fiscales et sociales représentant environ 104 milliards d'euros

Ce travail, piloté par l'Inspection Générale des Finances , constitue 
le référentiel indispensable pour apprécier la pertinence de la remise 
en cause de ces dérogations  :
- les objectifs initiaux, parfois anciens,  sont-ils toujours pertinents ?
- quel  impact prévisible sur les finances publiques et sur le comportement 
des ménages et entreprises? et donc, sur le développement économique
et social dans le contexte international de "crise"?

mardi 30 août 2011

Taxation des complémentaires santé


« Suppression de l'exonération partielle de taxe spéciale sur les 
conventions d'assurance pour les contrats solidaires et responsables »    
"Dans un contexte de réexamen général des dépenses fiscales  et 
dès lors que les contrats responsables et solidaires représentent désormais 
environ 90%  des contrats d’assurance maladie, il est proposé de supprimer 
ce régime dérogatoire et d’appliquer le taux de droit commun de 7% à ces contrats", indiquent les services du Premier ministre.
   
Rappel de l’état des lieux, sur le site de la F N M F
Fédération Nationale de la Mutualité Française

Jusqu’à 2010, les contrats responsables des complémentaires santé
ont été exonérés de la taxe sur les conventions d'assurance (TCA). 
Pourquoi ? 
Pour inciter les assurés sociaux à suivre le parcours de soins 
coordonnés et le dispositif du médecin traitant du gouvernement. 

Début 2011, le gouvernement a décidé de taxer ces contrats à hauteur 
de 3,5%. Cette première mesure rapporte 1,1 milliard d'euros à l'Etat 
sur l'année pleine. La nouvelle taxe au taux de 7% annoncée le 24 août 
par le Premier ministre va rapporter 100 millions de plus en 2011, 
soit 1,2 milliard d'euros à la fin de cette année. 

En 2012, elle coûtera, tous comptes faits, 2,2 milliards d'euros
aux complémentaires santé et aux ménages.

Levée de boucliers en cours